La culture de l'apéro en Corée : soju, makgeolli et l'étiquette (2026)
En Corée, boire ne tourne presque jamais autour de l'alcool seul : c'est une affaire de table, de nourriture et des gens qui l'entourent. En grandissant, j'ai vu la boisson rapprocher collègues, amis et familles, et elle s'accompagnait toujours de ses propres petits rituels chargés de sens. Si vous vous apprêtez à partager une bouteille de soju en Corée ou dans un restaurant coréen, un peu de connaissance des usages rendra le moment plus chaleureux et plus amusant. En voici la version conviviale, avec la façon d'y prendre part de manière responsable.
À retenir
- La règle d'or : ne remplissez jamais votre propre verre. Vous servez les autres, et ils vous servent.
- Utilisez les deux mains pour servir une personne plus âgée ou plus ancienne, ou pour recevoir d'elle — c'est une marque de respect toute simple.
- Le soju, la bière et le makgeolli forment le grand trio, et mélanger soju et bière (« somaek ») est extrêmement populaire.
- On boit presque toujours en mangeant (anju), ce qui fait partie de la culture et aide à tempérer le rythme.
- Il est parfaitement acceptable de boire lentement ou pas du tout — un refus poli est toujours de mise.
Le grand trio : soju, bière et makgeolli
L'essentiel de la boisson en Corée gravite autour de trois breuvages. Le soju est la vedette : un alcool distillé clair et légèrement sucré, généralement entre 16 et 20 pour cent, versé dans de petits verres et siroté tout au long du repas. La bière (maekju) est le compagnon décontracté du quotidien. Et le makgeolli est ce vin de riz laiteux, légèrement pétillant et peu alcoolisé, traditionnel et un rien aigre-doux.
Chacun a son moment. Le soju s'invite à presque tous les rassemblements. La bière est le choix décontracté par défaut. Et le makgeolli a un charme à part : les Coréens en ont sincèrement envie les jours de pluie, surtout aux côtés d'une galette chaude et savoureuse.
L'étiquette du service (la partie qui compte le plus)
Si vous ne deviez retenir qu'une chose, retenez celle-ci : on ne remplit pas son propre verre. Quelqu'un d'autre le remplit, et vous remplissez le sien. C'est un petit geste par lequel on prend soin les uns des autres, et un verre vide devant vous est une invitation discrète à ce qu'on vous resserve (et à ce que vous resserviez les autres).
Quand vous servez une personne plus âgée ou plus ancienne, ou que vous recevez d'elle, utilisez les deux mains — tenez la bouteille d'une main et soutenez votre avant-bras ou la bouteille de l'autre. Idem pour recevoir : tenez votre verre à deux mains. Et lorsque vous buvez réellement devant un aîné, il est respectueux de tourner légèrement la tête sur le côté pendant que vous sirotez. Ces petits gestes sont remarqués et appréciés, et les réussir à peu près vous vaudra beaucoup de chaleur humaine.
- Ne remplissez jamais votre propre verre : servez les autres et laissez-les vous servir.
- Servez et recevez à deux mains dès qu'un aîné ou un aîné hiérarchique est concerné.
- Tournez légèrement la tête de côté quand vous buvez devant quelqu'un de plus âgé.
- Gardez un œil sur les verres des autres et proposez de les resservir quand ils sont presque vides.
Somaek, chimaek et autres classiques
La boisson coréenne a ses combinaisons adorées. Le « somaek » — soju plus bière — est la plus célèbre : mélanger les deux donne un assemblage plus doux et facile à boire, incontournable des rassemblements. Il y a même un brin de mise en scène à bien le préparer.
Le « chimaek » est le duo poulet frit (chikin) et bière (maekju), une histoire d'amour nationale et la soirée décontractée par excellence. Et le makgeolli avec du pajeon (galette savoureuse) un jour de pluie est un rituel chéri à part entière. Le thème est constant : la boisson se choisit pour aller avec la nourriture.
Anju : on boit toujours en mangeant
En Corée, boire sans manger sort de l'ordinaire. « Anju » est le mot désignant les plats que l'on mange en buvant, et c'est une catégorie à part entière — poulet frit, jokbal, pajeon, tteokbokki, en-cas séchés, ragoûts et bien plus. Les bars et les pubs se construisent souvent autant autour de leur anju que de leurs boissons.
Ce n'est pas qu'une tradition, c'est pratique. Manger en buvant vous ralentit, adoucit l'alcool et garde la soirée centrée sur la conversation et le lien plutôt que sur la simple ivresse. Dans le doute, commandez un peu d'anju pour la tablée.
Les tournées et le déroulé d'une sortie
Une sortie coréenne traditionnelle peut se dérouler en tournées, appelées « cha ». La première étape (1-cha) peut être le dîner accompagné de boissons, la deuxième (2-cha) un bar ou un autre type de nourriture, et parfois une 3-cha pour quelque chose de plus léger comme un café, un dessert ou un karaoké (noraebang). Vous n'êtes pas obligé de suivre chaque tournée — les gens s'éclipsent au gré de leurs envies — mais connaître le concept aide à suivre la soirée.
L'ambiance est conviviale et généreuse. Quelqu'un offre souvent une tournée, et il y a un doux va-et-vient d'attentions les uns envers les autres qui traverse toute la soirée.
Boire avec modération — et comment décliner
La culture coréenne de la boisson peut être enthousiaste, mais vous avez toujours le droit d'imposer votre propre rythme. Si vous buvez peu, ou pas du tout, aucun souci. Vous pouvez accepter qu'on vous serve et vous contenter de siroter lentement, ou décliner poliment avec un sourire et une main posée sur votre verre. Dire que vous conduisez, que vous prenez un traitement ou simplement que vous ne buvez pas est toujours compris.
Quelques conseils pratiques : mangez beaucoup d'anju, alternez avec de l'eau, et souvenez-vous que le soju descend tout seul mais reste de l'alcool bien réel. Le makgeolli et les soju aromatisés sont particulièrement traîtres, parce qu'ils ont un goût si doux. Gérez votre rythme au fil des tournées, connaissez votre limite, et ne conduisez jamais après avoir bu. Bien menée, une soirée arrosée à la coréenne est l'une des façons les plus joyeuses et les plus sincères de passer une soirée — l'important, ce sont les gens, pas le nombre de bouteilles.
Questions fréquentes
Pourquoi ne puis-je pas remplir mon propre verre en Corée ?
C'est un usage par lequel on prend soin les uns des autres : vous servez les autres et ils vous servent. Remplir son propre verre est jugé un peu étrange. Si votre verre est vide, quelqu'un proposera généralement de le resservir, et vous devriez en faire autant pour lui.
Qu'est-ce que le somaek ?
Le somaek, c'est du soju mélangé à de la bière (so pour soju, maek pour maekju). L'assemblage est plus doux et plus facile à boire que le soju pur, et il est extrêmement populaire lors des rassemblements coréens.
Suis-je obligé de boire si je sors avec des Coréens ?
Non. Il est tout à fait acceptable de boire lentement, de passer à quelque chose de léger ou de ne pas boire du tout. Un refus poli — un sourire et une main sur votre verre, ou le fait de mentionner que vous conduisez — passe toujours bien.
Qu'est-ce que l'anju ?
L'anju, c'est la nourriture que l'on mange en buvant — des choses comme le poulet frit, le jokbal, le pajeon et les en-cas séchés. Les Coréens boivent presque toujours en mangeant, ce qui est à la fois une tradition et un bon moyen de gérer son rythme.
Que faire quand je bois avec une personne plus âgée ?
Utilisez les deux mains pour la servir et pour recevoir votre propre verre, et tournez légèrement la tête de côté quand vous sirotez devant elle. Ces petits gestes témoignent du respect et sont sincèrement appréciés.
Écrit à partir d'une expérience vécue, à titre d'information générale uniquement. La cuisine coréenne est régionale et varie selon le cuisinier et le restaurant. Si vous avez une allergie alimentaire, confirmez toujours les ingrédients exacts avant de manger.